QUATRIÈME DICTÉE. — Plus de deux cents (CENT) ans s’étaient écoulés depuis la mort de Cadmus, fils d’Agénor, roi de Phénicie, qui avait donné aux Grecs la connaissance des caractères de l’aiphabat lorsque Evandre, roi d’Arcadie, ayant passé en Italie, enseigna cet art admirable aux différents habitants de ce pays. Les Péruviens, comme les Chinois et d’autres peuples, se sont servis de cordes nouées au lieu de caractères.
Mais quelle peine ne leur en a-t-il pas coûté pour exprimer leurs idées, quoiqu’ils eussent (AVAIENT) quelquefois employé des cordes de différentes couleurs, notamment avont (AUPARAVANT) que les Espagnols fussent (ÉTAIENT) venus à travers les (DES) mers et fussent (AVAIENT) descendus dans leur pays, dont plus tard ils se sont rendus maitres ! Le nombre considérable de ces cordes rendait l’explication des signes très-difficile ; cependant, quelque variées qu’elles fussent (ETAIENT), quelles que fussent (QU’ÉTAIENT) les différences multipliées des nœuds, ils s’étaient tellement habitués à interpréter ces signes, qu’ils étaient parvenus à les expliquer aussi couramment que nous expliquons nos caractères.
CINQUIÈME DICTÉE. — Dès que les différentes nations ont reconnu l’utilité de l’écriture et son avantage sur (DESSUS) toute autre méthode, elles ont adopté avec empressement les nouveaux procédés qu’on (QUE L’ON) leur a fait connaître, et qu’on leur a démontrés d’une manière toute (TOUT) convaincante. Solon en o, (A) recommandé Venseignement (SON ENSEIGNEMENT) dans les lois qu’il a établies pour les Athéniens, dans les instructions qu’il a créées pour eux et qu’il a crues devoir (QUI DEVAIENT) leur être le (LES) plus avantageuses dans la suite. Plus les peuples ont cherché de ressources dans (DEDANS) les inventions qu’ils ont faites (FAIT ET), plus ils en ont puisées dans cet art par lequel (QIJI) ils se sont épargné (ÉYITÉ) toutes les peines et toutes les difficultés (ET DIFFICULTÉS) qu’il y avait eu (EUES) à vaincre jusqu’alors, et qu’ils auraient toujours rencontrées jusqu’à ce qu’on eût (AURAIT) trouvé un moyen plus abrégé d’exprimer la pensée.
Homère a corrigé la rudesse des caractères, et, longtemps après lui, Alexandre le Grand, sous le règne duquel les caractères grecs étaient le (LES) plus perfectionnés , n’a pas dédaigné de s’occuper de la manière de fabriquer le papyrus, plante qui était née en (DEDANS) Egypte sur les bords du Nil. Quant au parchemin et au vélin, ils avaient déjà servi pour l’écriture;
mais ils furent travaillés avec beaucoup d’art par l’industrie d’Eumène, roi de Pergame. Enfin l’écriture, comme toute autre invention, s’est perfectionnée de siècle en siècle.
SIXIÈME DICTÉE. — Combien 3’habiles maîtres en ce genre n’at-on pas vus paraître, surtout sous le règne de Louis XIV !
On (L’ON) en a taat vus, qu’il y a eu uue grande rivalité entre tous (PARMI TOUTES) les habiles gens qui se sont proposé de rectifier cet art. Les trois sortes d’écriture qu’on a crues devoir (QUI DEVAIENT) être les (LE) plus commodes, et devoir (QUI DEVAIENT) flatter le plus les yeux, celles qu’on a cru devoir adopter pour cette double raison, sont la Française ou la ronde, l’Italienne ou la bâtarde et la coulée. Depuis l’an mil huit cent jusqu’à nos jours, combien de méthodes différentes n’a-t-on pas suivies dans (DEDANS) les écoles ! Quelle qu’ait (a) été la vogue qu’elles ont eue dans le principe, quelques grands éloges qu’on en ait (A) faits, quelques peines qu’on se soit (S’EST) données pour les accréditer, quelque sûrs et quelque brillants enfin qu’en dussent être les (QUE DEVAIENT ÊTRE SES) résultats, nous les avons vues (vu) abandonnées par ceux-mêmes qui les avaient créées ou propagées, et elles ont été remplacées par d’autres méthodes encore tout étonnantes et toutes (TOUT) merveilleuses.
37. – LUCIUS CATILINA.
PREMIÈRE DICTÉE. – Catilina, l’un des plus fameux scélérats dont l’histoire ait (A) fait mention, était vaste dans ses projets, hardi dans ses entreprises, infatigable au travail , patient dans les peines, violent dans ses passions. Personne n’a jamais mieux possédé l’art dangereux de feindre et de dissimuler. Il semblait que la nature ne Veut (L’AVAIT) créé que pour commettre des forfaits. Plongé dans des débauches excessives, il a toujours fait des dépenses exorbitantes qu’il a comblées par des crimes horribles. Le premier qu’il ait commis a été un fratricide: il a fait périr son frère afin de pouvoir s’emparer de ses biens. la commisération et le remords se sont (S’EST) éteints dans le sang fraternel. Sylla versait alors le sang romain et envahissait les patrimoines : c’était un spectacle ravissant pour Catilina. Son ambition s’est bientôt développée, il a brûlé déjà du désir d’imiter Sylla, il en a cherché l’occasion, l’a trouvée et l’a saisie.
Combien , malheureusement, n’a-t-il pas trouvé de Romains qui l’ont secondé dans ses projets criminels. C’étaient toutes TOUT) les méchantes gens avilis, déshonorés et ruinés qui nç
pouvaient plus rien espérer que de la destruction de l’Etat. Il leur a parlé (A PARLÉ AVEC EUX), les a séduits , les a engagés dans une conspiration. Le nombre des conjurés a tellement augmenté, qu’on a été obligé de veiller sur un grand nombre de citoyens que leurs manœuvres avaient rendus suspects, et qui étaient devenus un sujet de crainte pour la Patrie.
DEUXIÈME DICTÉE. — Les riches lui ont fourni de l’argent ; les pauvres ont été attirés par l’appât du pillage, et lui ont promis de faire tous les efforts qu’ils auraient pu ; enfin la plupart des jeunes gens se sont (s’est) rangés de son parti, parce qu’ils ont pensé qu’ils se seraient livrés plus facilement à leurs débauches.
Ayant rassemblé les conjurés, il les a unis et se les est attachés par un grand nombre de crimes qu’il a autorisés et fait commettre.
Il a massacré un enfant, et leur a fait boire son sang pour les habituer au meurtre. La résolution est prise, l’époque est fixée, les poignards sont aiguisés, les cœurs que l’on a décidé qu’on aurait percés sont désignés avec soin à tous les conjurés. La crainte et l’espérance se sont (S’EST) partagé les moyens de les réunir. Mais la passion que l’un d’eux, nommé Curius, a depuis longtemps conçue pour (VIS-A-VIS DI ) Fulvie, dame romaine d’une illustre naissance, a dévoilé les projets criminels. Il se l’était attirée par les dons considérables (CONSÉQUENTS) qu’il lui a faits ; et comme Fulvie n’était attachée à lui que par intérêt, elle ne lui a plus témoigné le moindre amour dfS qu’il a cessé de lui faire des présents. Pour donner à Fulvie des espérances flatteuses, if lui a. découvert le secret de la conjuration et lui a fait envisager les richesses que le succès lui auiait procurées. Fulvie ne s’est pas montrée plus discrète que toute autre femme de son caractère ; elle a découvert à plusieurs personnes le secret que lui avait confié Curius. La Renommée a publié ce bruit avocat meaux et l’a porté jusqu’aux oreilles de Cicéron.
TROISIÈME DICTÉE. — Ce grand homme, toujours actif et vigilant, ayant appris cette nouvelle, a remonte jusqu’à la source et est allé chez Fulvie. Cette dame, qu: était sans doute flattée de voir un homme de cette importance s’adresser à elle, a sacrifié celui pour qui elle ne s’était jamais senti une grande passion et a tout révélé. L’orateur s’est engagé à ménager Curius, afin d’apprendre jusqu’aux moindres circonstances. Plus il a reçu de renseignements, plus (ET pLLs) il en a recherchés encore. La déposition que lui a faite une femme sans honneur n’était pas suffisante, pour qu’il attaquât (ATTAQUE) juridiquement un homme d’une si haute naissance. Il a demandé d’autres preuves et d’autres témoins. Il a mis des espions partout,
a gagné plusieurs des conjurés et a connu de cette manière les plus secrètes pensées de Catilina. Enfin Cicéron, s’étant muni de preuves convaincantes , a réuni le Sénat et lui a fait connaître tous les renseignements qu’il s’était procurés. Catilina sort de Rome, on le poursuit, on lui livre bataille, et sa mort délivre la ville.
aga 8 QEMB.-
38. – DE L’AGRICULTURE.
PREMIÈRE DICTÉE. — L’agriculture est devenue l’objet d’une foule de livres que des gens instruits ont composés à l’envi, et d’un grand nombre de recherches qu’ils ont jugées nécessaires à la réussite d’une entreprise si importante (AUSSI CONSÉQUENTE).
Il s’est élevé des sociétés qui ont imaginé de nouvelles façons de labourer et de semer, et l’on (ET ON) ne saurait dire combien de peines il leur en a coûté pour produire leurs systèmes. Un grand nombre de citoyens ont (A) sacrifié des années de récolte à des essais qu’ils se sont proposé de faire sur l’économie rurale.
L’Agriculture, comme les autres arts, a (ONT) eu ses (LEURS) amateurs. La mode et la philosophie se sont disputé l’honneur d’ennoblir (D’ANOBLIR) ce que le luxe et l’orgueil ont avili, et la théorie a occupé presque autant de têtes dans les villes, que la pratique a exercé de bras dans les campagnes. Mais combien de difficultés les cultivateurs n’ont-ils pas trouvées dans l’exécution des nouvelles méthodes proposées par les savants, qui n’ont travaillé que dans le cabinet et qui ont été tentés de regarder les agriculteurs comme des machines un peu moins ingénieuses que celles qu’ils ont imaginées, et qu’ils ont suppléées à toute autre méthode de culture. Quelques grands efforts qu’ils aient (ONT) faits, quelque brillants chefs-d’œuvre qu’ils aient (ONT) jugé les ouvrages qu’ils se sont donné la peine de composer, quelles que soient (SONT) les ressources qu’ils se sont figuré avoir créées pour cet art, quelque constants qu’aient (ONT) été les travaux qu’ils se sont imposés, et quels qu’aient (ONT) été les secours qu’ils s’étaient flattés de faire accepter par des agriculteurs ignorants, ils n’ont pas encore réussi à détruire l’aveugle routine qui a dirigé les hommes dans la culture de leurs terres.
DEUXIÈME DICTÉE. — L’agriculture a exercé non-seulement les plus grands héros, mais encore les plus grands écrivains de l’antiquité. Hésiode, qui a vécu cent ans après la prise de Troie, a écrit un poème où (DANS QUI) il a expliqué les moyens que l’on a employés parmi (ENTRE) les Grecs, pour ensemencer (SEMER) les champs. Les Démocrite, les Xénophon, les Aristote en ont parlé